Actualités L'alliance thérapeutique : la vision de l’accompagnement portée par l’IRHTB

Edité le : 05/07/2026
Par Thierry CABRITA

Découvrez pourquoi l’IRHTB place la relation, l’éthique et le respect de la personne au cœur de ses formations en hypnose et thérapies brèves.

À l’Institut régional d’hypnose et de thérapies brèves, nous accordons une place importante à l’apprentissage des techniques. Un professionnel doit connaître ses outils, comprendre leurs indications et savoir les utiliser avec rigueur.

Mais former un thérapeute ne peut pas consister uniquement à lui transmettre des protocoles.

L’expérience clinique, l’enseignement et la supervision nous rappellent continuellement qu’une technique ne prend tout son sens que lorsqu’elle s’inscrit dans une relation humaine juste, sécurisante et respectueuse.

C’est cette conviction qui nous a conduits à publier un guide approfondi consacré à la relation thérapeutique en hypnose et thérapies brèves.

[Lire le guide complet sur la relation thérapeutique en hypnose et thérapies brèves]

Au-delà de la maîtrise des outils

Lorsqu’une personne commence à se former à l’hypnose ou aux thérapies brèves, elle cherche naturellement à acquérir des méthodes concrètes.

Elle apprend à conduire un entretien, à utiliser le langage hypnotique, à proposer des exercices et à choisir une stratégie en fonction de la difficulté rencontrée.

Ces apprentissages sont indispensables. Ils donnent des repères et permettent au futur praticien de structurer son intervention.

Cependant, la pratique réelle ne se résume jamais à l’application mécanique d’une procédure.

Chaque personne arrive avec une histoire, des valeurs, des besoins, des ressources et une manière singulière de percevoir le monde. Une intervention pertinente pour l’une ne conviendra pas nécessairement à une autre.

Le thérapeute doit donc apprendre à ajuster ses outils à la personne, plutôt que de chercher à faire entrer la personne dans un protocole.

Accompagner sans décider à la place de l’autre

Le thérapeute n’est pas là pour apporter au client une solution toute faite.

Même lorsqu’il possède de l’expérience, il ne peut pas connaître à la place de l’autre ce qui donnera du sens à sa vie, ce qu’il est prêt à transformer ou le chemin qui lui correspond véritablement.

Son rôle consiste plutôt à aider la personne à mieux comprendre ce qu’elle vit, à élargir sa perception et à mobiliser ses propres ressources.

Cela ne signifie pas qu’il doive rester passif.

Il peut questionner, proposer des expériences, apporter des repères et confronter avec respect certaines contradictions. Il accompagne activement la recherche, mais ne confisque pas la décision.

En cela, le thérapeute ressemble davantage à un jardinier qu’à un réparateur.

Le jardinier prépare la terre, arrose, protège et veille aux conditions de croissance. Il met ses connaissances et son attention au service de la plante. Mais il ne peut pas pousser ni produire le fruit à sa place.

De la même manière, le thérapeute contribue à créer les conditions du changement, mais le changement appartient toujours à la personne.

Une relation guidée par l’éthique

La relation thérapeutique donne au professionnel une influence particulière.

La personne accompagnée peut lui confier ses fragilités, ses peurs, ses blessures et des éléments très intimes de son histoire. Cette confiance crée une responsabilité.

L’éthique ne constitue donc pas un complément facultatif à la pratique. Elle doit orienter la manière dont les techniques sont choisies et utilisées.

Le thérapeute doit notamment veiller :

  • au consentement de la personne ;
  • à la confidentialité ;
  • à la clarté du cadre ;
  • au respect de ses valeurs et de ses croyances ;
  • à la prévention de toute forme d’emprise ;
  • à la reconnaissance de ses propres limites ;
  • à l’orientation vers un autre professionnel lorsque cela est nécessaire.

Une technique n’est pas juste uniquement parce qu’elle produit un effet. Elle doit également respecter la liberté, l’intégrité et la dignité de la personne.

Respecter la personne sans tout valider

Respecter une personne ne signifie pas approuver systématiquement tous ses comportements ou considérer que toutes les solutions se valent.

Une personne est toujours plus vaste que ses actes, ses difficultés ou ses symptômes.

Le thérapeute peut donc accueillir quelqu’un sans jugement tout en l’aidant à observer qu’un comportement la fait souffrir, fragilise ses relations ou l’éloigne de ce qu’elle souhaite profondément devenir.

Cette confrontation ne doit être ni brutale ni culpabilisante. Elle s’inscrit dans une relation suffisamment sûre pour permettre à la personne de regarder sa situation avec davantage de vérité et de liberté.

Le respect consiste à reconnaître en elle un être capable de comprendre, de choisir, d’évoluer et de répondre progressivement de ses décisions.

Former une posture autant qu’une compétence

La posture thérapeutique ne s’acquiert pas en mémorisant un protocole.

Elle se construit dans la pratique, l’analyse de ses interventions, la supervision et le travail sur soi.

Elle suppose notamment d’apprendre à :

  • écouter sans enfermer la personne dans une interprétation ;
  • rester présent sans vouloir remplir tous les silences ;
  • reconnaître que l’on peut se tromper ;
  • accueillir un désaccord ;
  • réparer une incompréhension ;
  • faire confiance aux capacités du client ;
  • rester engagé sans chercher à le sauver ;
  • utiliser les techniques sans s’y réfugier.

C’est pourquoi les formations de l’IRHTB ne cherchent pas seulement à transmettre des méthodes.

Notre ambition est de former des praticiens capables d’utiliser leurs outils avec compétence, discernement, souplesse et humanité.

Un guide pour approfondir cette réflexion

Nous avons consacré un article de référence à cette vision de la relation thérapeutique.

Vous y découvrirez notamment :

  • ce que recouvrent la relation et l’alliance thérapeutiques ;
  • ce que montrent les recherches en psychothérapie ;
  • le rôle particulier de la relation en hypnose ;
  • la place de l’éthique et du consentement ;
  • la distinction entre respect de la personne et validation de ses comportements ;
  • la posture du thérapeute ;
  • la métaphore du jardinier ;
  • la place de la supervision et de la formation.

[Découvrir la page de référence : La relation thérapeutique en hypnose et thérapies brèves]

Cette réflexion prolonge également les thèmes développés par Thierry Cabrita dans son ouvrage Fragments d’instants : Pensées d’un thérapeute, consacré au sens, à la liberté, au respect, à l’éthique et à la dimension profondément humaine de l’accompagnement.

Former un thérapeute ne consiste pas seulement à lui apprendre ce qu’il doit faire.

C’est aussi l’aider à discerner quelle personne il choisit d’être lorsqu’il rencontre et accompagne l’autre.

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